Jean-Pierre Maury

Né à Paris le 22 janvier 1932.

Jean-Pierre Maury est le dernier mouleur mortuaire en France - son premier masque fut celui de Sidney Bechet, un des derniers Stéphane Grappelli. Il a également enseigné la restauration faciale aux thanatopracteurs, ces experts en remodelage des morts accidentés, et travaillé pour un cabinet de chirurgie esthétique. Pourtant, à l’origine, c’était un artiste de cabaret, ami de Francis Blanche et de Jacques Prévert, et il a longtemps dirigé un haut lieu de la vie nocturne parisienne, le Port du Salut. C’est là qu’en autodidacte, il moulait le visage – et parfois d’autres parties plus intimes de leur anatomie – de toutes les célébrités du show-biz fréquentant son établissement.

Parallèlement, il aimait exercer ses talents de faussaire comme antiquaire ou accessoiriste de cinéma, et il s’amusa un jour à fabriquer, montée sur une vieille planche, une fausse poupée d’envoûtement qui effraya André Breton. De là devait naître tout un univers plastique faisant un usage naïf des symboles ésotériques de l’alchimie. Une combinatoire poétique qui est à l’Occident ce qu’est à la Chine le Livre des Transformations, permettant d’exprimer la dualité du monde : soleil et lune, masculin et féminin, Bien et Mal, etc. Mais aussi les quatre saisons de la vie, les plaisirs éphémères du sexe et l’inévitable corruption des corps, qu’en bon fils d’un grand résistant anarchiste, déporté à Buchenwald, Maury envisage sans aucun état d’âme.

Photo : L. D.

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