AVEC TOUT LE BARNUM ET SON TRAIN

  Une fille de Copenhague qui rit, et qui rit encore, Salvator Dali en majesté dans un hôtel parisien, un conservateur de musée saisi d’effroi devant un petit tableau, une chatte maligne ou inspirée, un pompier en quête d’un cadeau, une collectionneuse de lapins, c’est là un véritable Barnum, celui des jours banals où rien ne se passe, jours d’exposition, jours de travail ordinaire.

 Une mère qui brode des petites scènes lumineuses et qui rêve d’un destin pour son fils, un gendarme ami du père qui promet un avenir d’artiste, et le mystère d’un ancêtre archidiacre qui engrosse sa maîtresse, c’est l’à-côté merveilleux des vies réussies ou ratées.

 Et Laurent, Lorenzo il Magnifico, l’ami de toujours, le partenaire de tant d’expositions et de Mycelium.

 Mais comment parler du travail de l’artiste, de ce qui le définit aux yeux des autres et à ses propres yeux, au-delà des petits événements, des bribes de la biographie, des amitiés qui donnent sens à la vie ? L’artiste lui-même doit-il s’expliquer ? Giraud, qu’avez-vous à dire ?

 Des parentés existent et peuvent être évoquées, Rembrandt surtout, pour celui qui a peint et dessiné son visage sous toutes sortes de grimages. Mais comparer, avec l'idée de mesurer le talent, est si absurde que Rembrandt se voit contraint de s'exclamer à demi amusé : « On dirait du petit Giraud ! »

 Restituons à chacun ce qui lui est dû, grand Rembrandt, petit Giraud, portraitistes oubliés du siècle passé, c’est la même patience de comprendre le monde.

 

 Daniel Bizeul

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